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lundi 25 juin 2012

Histoires d'amour

Titre : Histoires d'amour
Auteur : Collectif

Editions : Sombres Rets
Parution : 2012


Ma note : ❤❤❤❤




L’anthologie Histoires d’Amour est en effet une bien belle aventure ! Elle ne contient pas moins de vingt trois nouvelles dont le thème principal est le sentiment si terrible et si humain qu’est l’amour. La préface d’Elie Darco nous plonge directement dans le bain avec un petit historique des romans d’amour. La découpe du recueil est intéressante. En effet, les nouvelles sont divisées en quatre temps : La recherche de l’amour, Le temps d’aimer, L’amour fou et Le don d’amour. J’ai trouvé ce choix cohérent à chaque étape.

Au fur et à mesure de ma lecture, un adjectif m’est venu en tête : surprenant ! Comme à chaque fois, n’étant pas amatrice de nouvelles, j’oublie leur magie, leur chute et leur sens. Les nouvelles sont en réalité envoûtantes car chacune est particulière et trouve sa place. Le recueil se lit tout seul, les pages défilent et les différents personnages vivent sous nos yeux.

Bien sûr, j’ai adoré quelques nouvelles, préféré d’autres et pas du tout aimé certaines. Celles que je n’ai pas aimées, telles que Norma (trop bizarre), Colloque Sentimental (style trop saccadé, difficile à suivre) et Sous un soleil immense (trop science-fiction, spirituel à mon goût), sont en fait celles que je n’ai pas bien comprises (surtout Colloque sentimental !). Il y a quelques personnages auxquels nous nous attachons très rapidement, dont nous aimerions en savoir davantage et ne pas quitter si rapidement… C’est le cas de Colette et Paul, dans L’Encadreuse, ou de Franck et Fausta dans Le sourire de Fausta. Ils ont un caractère très particulier que l’auteur arrive à dépeindre en peu de mots. C’est cela qui me fascine, pouvoir apprécier et suivre un personnage en si peu de pages, comme s’ils évoluaient dans un vrai roman. Les auteurs sont très forts.

L’une de mes préférées est Quatre saisons avant la pluie dans laquelle un homme apprend qu’il va mourir et décide de revoir chacune des femmes qu’il a aimée dans sa vie. Chaque rencontre ramène leurs souvenirs passés ensemble. Les sentiments se bousculent et les odeurs sont magnifiées avec les descriptions. On s’y croit, on revit les aventures amoureuses à leurs côtés, on les sent. Par contre, je n’ai pas compris la fin…
Le sourire de Fausta était une nouvelle très belle, très douce et sensuelle. Beaucoup d’émotions dans les mots. Un vrai plaisir à lire.
Une autre m'a beaucoup marquée par sa chute (que je ne vais donc pas dévoiler) : La fille de l'air. Elle m'a totalement séduite, puis surprise, puis dégoutée, puis troublée. Bref, tout un tas de sentiments qui décoiffent !

C’était de très bons moments passés en compagnie de ces vingt trois auteurs. Je prends en note certains de ces noms pour pouvoir voir ce qu’ils ont fait d’autre à côté, car ils m’ont vraiment captivée. Ce livre, en plus de nous divertir, peut nous toucher profondément, il nous fait nous poser de nombreuses questions sur la vie, mais surtout sur l’amour, la vie de couple et le bonheur de vivre à deux. J’en redemande.


Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

L'ère des phalanstères

Titre L'ère des phalanstères
Auteur : Gil Braltard

Editions : Céléphaïs
Parution : 2012



Ma note : ❤❤❤❤

Quatrième de couverture :

Gaïa, malgré notre bassesse et notre malfaisance, a eu pitié de nous. Des terres que nous avions rendues stériles, Elle a fait surgir de resplendissantes fleurs. Elle nous a envoyé ses messagers, les prophètes Ubik et Florem et leur armée de serviteurs qui nous ont aidés à construire les phalanstères, ces arches de paix et de liberté où nous sommes choyés comme des princes. Oui, en vérité je vous le dis, par saint Joseph-Proudhon, saint Charles-Fourier, saint James-Lovelock et tous les autres saints de la Floraison, il n'est pire pécheur que celui qui tourne le dos à notre Bonne Mère.
Gaïa a instillé la Peur en nous pour qu'elle nous détourne de l'Extérieur. La Peur est un mal nécessaire. Elle nous rappelle à tout moment que la liberté physique est une illusion. Que représente en effet cette insignifiante liberté en comparaison de celle de projeter notre esprit où nous le désirons ?

En pensées seulement tu voyageras. Le rêve rend libre, mes chers frères et sœurs, n'oubliez jamais cette sainte maxime, le rêve rend libre.

Mon avis :

L’ère des phalanstères… Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le nom (ou le pseudonyme, je ne sais pas trop) de l’auteur : Gil Braltard. Cela fait très détroit, j’aime et je retiendrai facilement. Pour ce qui est du titre, je l’ai trouvé mystérieux, attirant et j’ai été charmée par la couverture, chose plutôt rare. Elle est très jolie et on la comprend encore mieux une fois qu’on a fini la lecture, qu’on ferme le livre et qu’on l’observe longuement, le temps de se dire : waouh… sacrée aventure.

En bref, j’ai énormément apprécié cette lecture. C’est un roman de science-fiction agréablement surprenant. Très prenant. L’écriture est douce, elle coule toute seule et fait des fantaisies de la SF une superbe aventure forte en émotions. L’intrigue est là, pesante, intrigante, elle nous tient en haleine et nous empêche de reposer le livre avant d’en lire un chapitre en plus, puis un autre et encore un autre… Il est complexe en matière d’évolutions techniques mais les descriptions n’ont aucune lourdeur et sont, finalement, dépourvues de complexité. Tout est facilement compréhensible et c’est, à mon avis, ce qui rend un roman de SF mieux abordable.

Le roman est construit sur une alternance de chapitres pour créer un parallèle entre deux « mondes », enfin, c’est ce que nous comprenons une fois le nombre de pages déjà bien écoulé. Nous avons donc à faire à deux aventures, différents personnages, et nous n’attendons qu’une chose : que les deux mondes se découvrent et se rejoignent.

Les personnages sont extrêmement attachants, comme dans tout bon roman. J’ai tout de suite adoré Watson, un major DOM (une sorte de robot amélioré) au service d’un des personnages principaux. Il m’a fait beaucoup rire avec son caractère et ses répliques cinglantes pleines de rimes. Très amusant et très imposant en même temps. On sent que ce sera un personnage important !

J’ai réussi à me créer un autre monde dans ma tête grâce à la plume de l’auteur. Il m’a littéralement transportée vers un monde futuriste, certes, mais pas si insensé que cela ! C’est d’ailleurs en ce sens que ce roman m’a marquée : il ouvre sur de lourdes réflexions quant à l’avenir de notre propre planète et de l’humanité toute entière.

A certains moments, je me suis surprise à penser que cette aventure était peut-être digne d’une aventure de Barjavel, en tout cas dans le fond, pas du tout dans la forme.

En essayant d’être concise, je dirais que c’est une très belle aventure, le thème est envoûtant, les personnages sont sympathiques et ont un caractère touchant. Le livre est plein d’humour et en même temps de gravité. Je pense qu’il pourrait faire un super scénario pour un film.

Merci aux éditions Céléphaïs et au forum !

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

samedi 12 novembre 2011

L'ange gardien


Titre L'ange gardien
Auteur : Marie-Claire George
Editions : Chloé des Lys
Parution : 2010



Ma note : ❤❤❤❤



L'ange gardien regroupe 25 nouvelles toutes plus différentes les unes que les autres. Certaines sont très courtes, d'autres plutôt longues. Certaines sont belles et joyeuses, d'autres sont incroyablement tristes. C'est un assemblage d'émotions fortes, de douceur, d'infinie beauté.

L'écriture est simple, belle, sans superflue. Elle ne manque de rien, elle se suffit à elle même et nous embarque dans un autre monde. Elle nous faire sourir, soupirer de bonheur, ou monter les larmes aux yeux. Aucune nouvelle ne se ressemble, j'ai eu quand même quelques préférences mais peu de mauvaises surprises. D'ordinaire, je n'apprécie pas (ou plutôt je ne sais pas apprécier) les nouvelles, ces quelques pages d'histoires inachevées qui ne mènent à rien. Mais là, quel agréable moment ! Je ne pouvais plus m'arrêter. Je l'ai englouti d'une lampée, profitant d'une bonne matinée de week-end prolongé. Les personnages, même si nous ne vivons que quelques minutes à leur côté, nous touchent profondément. Ils sont humains, ils sont vrais, palpables, simples. Je pense particulièrement à Emilie Beaupré, la petite vieille si discrète et remplie d'expériences hors du commun, le mystérieux américain qui réveille Esmeralda dans la nuit avec son coup de téléphone, Sandra, qui ne vient pas fêter l'anniversaire de son amoureux, le gros chêne dont l'histoire finit bien, et bien d'autres encore.

J'ai beaucoup beaucoup aimer toutes les personnifications. Ces choses devenues vivantes et pensantes ! J'ai adoré suivre les pensées d'un vieux chêne, d'un chat qui cherche à échapper à une bande de gamins pour dormir tranquile, d'un stylo, d'une aiguille et d'un sécateur qui se chamaillent pour savoir lequel est le favori de leur maitresse. Le ton est léger, pétillant.

Nous pouvons sentir la diversité des sources d'inspiration de l'écrivaine. Certaines nouvelles semblent ordinaires, d'autres sont bibliques ou historiques. Il y en a vraiment pour tous les goûts. C'est assez étrange comme recueil, en tous cas pour une inhabituée comme moi, il n'y a aucun fil directeur, si ce n'est la douceur des mots. Je ne me suis pas ennuyée, mais je n'ai pas saisi tout le sens profond de quelques nouvelles telles que "Une femme qui me regarde" avec cet homme qui fuit sa famille pendant trente ans pour chercher à vivre à travers le regard de femmes en peinture, à travers le monde. Trop étrange. Ou encore dans "L'or de Xoliswa", que j'ai trouvé bien trop courte et peu intéressante à mon goût par rapport au reste.

Mais qu'est ce que j'ai aimé "L'ange gardien", "Le sourire d'Emilie", "Aniadoué, la Fille de la Lune", "Graffiti", "Richard, entre ombre et lumière", "Comme s'il était trop tard", "Matin félin", "Il est tard et je m'en vais", "Au jardin", "La piscine", "Comme une petite fleur qui vibre", "Lettre à mon ange"... Ce qui en fait un bon petit paquet ! Un bon paquet de plaisir, une bourrasque de vie. Des situations drôles ou tragiques, qui sonnent vraies et sont loin de nous laisser indifférents. A lire à tout prix.

Une expérience forte qui adoucit mes idées sur la nouvelle et me donne envie d'en lire plus souvent.
Merci aux éditions, à l'auteur et au forum !

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

vendredi 11 novembre 2011

En passant par Israël



Titre : En passant par Israël
Auteur : Mireille Pierson
Editions : Chloé des Lys
Parution : 2010



Ma note : ❤❤❤❤❤


Tout d'abord, un grand merci au forum et aux éditions Chloé des Lys qui ont accepté de jouer le jeu et qui, j'espère, continueront sur cette lancée. C'est toujours un réel plaisir de lire un livre pour en sortir quelque chose qui sera lu et pris au sérieux.

Dans En Passant par Israël, nous suivons la vie d'une jeune fille à partir de sa naissance en Suisse. Troisième enfant d'une famille qui n'en a pas forcément les moyens, elle se sent, dès le départ, repoussée par son père. Un père peu présent dans leur vie, qui a des problèmes avec l'alcool, les jeux d'argent et les femmes et qui, malgré ses tentatives de rétablissement, se donnera la mort un jour de Noël. Cet homme a profondément marqué Laura, notre personnage principal. Frustrée de ne pas avoir eu le temps de lui dire tout ce qu'elle avait à dire, et d'apprendre à mieux le connaitre, Laura renferme un mal au fond d'elle qui la rattrapera tout au long de sa vie, ou presque. Elle est mal dans sa peau et cherche inlassablement l'accès au bonheur. Elle tombe amoureuse de garçons qui ne prennent pas soin d'elle, qui la blessent terriblement et la manipulent. La seule solution qu'elle trouve à ses problèmes est la fuite : elle voyage beaucoup et son premier voyage est pour Israël. Mais c'est loin d'être le seul et le plus important du livre, et en ce sens, je ne comprends pas forcément pourquoi ce titre a été choisi.

J'ai trouvé le thème intéressant, l'histoire touchante mais quelque chose n'allait pas. L'écriture manque de pep's. Elle n'est pas assez naturelle. Les dialogues sont figés, irréalistes, lourds et ceci gène beaucoup la lecture de l'ouvrage. A part Laura, nous n'avons pas le temps de nous attacher aux autres personnages. Leurs réactions sont trop artificielles. Il y a malgré tout quelques points forts dans ce roman. Le premier est le voyage. Nous découvrons avec plaisir les richesses de divers pays tels qu'Israël, la côte Ouest des Etats Unis, Mexico, nous nous rendons également à Paris, tout est décrit avec un oeil touristique. C'est agréable. Le second point positif est la touche de psychologie, de philosophie sur la vie et la recherche de soi et du bonheur. Elle est amenée par différents moyens : psychologue, amies, famille. Tous sont la pour faire comprendre à Laura qu'il faut qu'elle commence par apprendre à se connaitre elle-même, à pardonner son père pour redémarrer sur de nouvelles bases, de nouveaux projets qu'elle désire réellement. Le bonheur n'a pas de prix, il est simplement question de volonté. "Soyons toujours sourd quand quelqu'un nous dit que l'on ne peut pas réaliser notre rêve".

Ce roman m'a fait penser évidemment à celui de Diane Peylin, A l'endroit où elles naissent, dans le sens où les thèmes se touchent : quête du bonheur et voyage pour se trouver soi-même. Mais rien à voir par rapport aux rapports entre les personnages, aux émotions et la description des diverses cultures. Diane Peylin a créé un univers réaliste et humain, alors que celui de Mireille Pierson est plus philosophique, éducatif.

Dernière remarque capricieuse : je n'ai pas du tout accrochée avec la première de couverture. Mais ce détail ne m'a pas arrêté pour autant dans ma demande de participation à la tournée du livre.

En bref, thèmes fascinants, voire perturbants mais incroyablement intéressants à découvrir. Une histoire relativement bien tournée mais une écriture peut être pas encore assez travaillée pour se faire oublier, pour atteindre la fluidité qui permet de plonger au coeur de l'aventure et d'oublier que nous sommes en train de lire quelque chose de travaillé. Mais nouvelle auteur à suivre, bien évidemment !
Merci.

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

dimanche 4 septembre 2011

Mon fils, son cancer et moi


Ma note :   

Mon fils, son cancer et moi... Un court roman fort en émotion. La plume de Sandrine Coucke-Haddad est très touchante. Comme c'est une journaliste, elle sait parfaitement magner les mots pour faire passer les sentiments qu'il faut au bon moment. Bien entendu, en lisant un tel titre, on ne peut pas s'attendre à passer un moment merveilleux. Les larmes nous montent quelques fois aux yeux, on essaye de se mettre à la place de la maman, et c'est l'horreur absolu. On attend, on stress, on espère avec elle à chaque bilan de santé du bébé. On souffre avec eux.

On suit l'évolution de ce cancer et toutes les opérations mises en place pour lutter contre lui. Le petit souffre, souvent en silence, mais il souffre. Et savoir tout du long que cette histoire est vraie, cela arrache le coeur. Les pages se tournent vite parce qu'on veut savoir qui va être le plus fort, Alexis, 13 mois et des brouettes, ou le cancer ?

Le témoignage est centré essentiellement sur le bébé et sa mère, auteur. Les autres personnes ne sont pas très approfondies. Le papa est là pour être fort, les grands parents sont là pour prendre le relais quand c'est trop épuisant, les collègues et amis apportent leur soutient, mais ce qu'on suit réellement, c'est l'état de Sandrine durant tous ces mois, toutes ces années. Elle se révèle complètement, avoue son égoïsme, ses faiblesses, ses peurs les plus profondes, mais montre aussi une incroyable force, une bonne humeur innée, une maman époustouflante qui n'a jamais baissé les bras.

Une belle leçon de vie, et une bouffée d'espoir et d'optimisme.

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

samedi 6 août 2011

Autour de Londres, Lydie Balizot


Habituellement, j’ai beaucoup de mal à lire les recueils de nouvelles. J’ai bizarrement été attiré par celui-ci, d’une part par les différents avis que j’ai lus et d’autre part par l’annonce de la présence de l’auteur sur le forum pour une interview.

Bref, tout cela pour dire que je n’ai pas été déçu, je l’ai lu presque d’une traite et je peux dire que j’ai aimé.
En fait, ce qui m’a plu c’est le fait que chacune des nouvelles n’étaient pas si différentes que cà. Il y un fil directeur qui nous accroche. La récurrence des personnages nous rapproche plus du roman que des nouvelles, c’est peut-être pour cela d’ailleurs que j’ai apprécié plus que d’habitude.

Il y a cette récurrence qui tient en haleine tout du long, mais elle est aussi efficace grâce à la qualité des personnages auxquels on accroche facilement. Je n’ai pas lu énormément de fictions se rapportant aux vampires, mais j’ai quand même senti une touche d’originalité, de simplicité. Ces vampires
là sont différents des autres. Le patron m’a particulièrement attiré. Jedediah si mes souvenirs sont bons. Je l’ai trouvé très charismatique, imposant et terriblement fascinant. Les trois mousquetaires sont très agréables à suivre dans leurs aventures. La nouvelle ne permet malheureusement pas d’en connaitre autant que nous le voudrions, mais ils sont réussis. Un trio du tonnerre.

L’écriture nous happe, elle est pleine d’un humour fin parfait. J’ai souris plus d’une fois.
Le plaisir à la lecture était constant.
Il y a une bonne diversité d’intrigues
qui nous évite l’ennui du début à la fin.

Le seul point négatif que je dois tirer de ce livre est les illustrations. Elles sont bien réalisées, là n’est pas le problème. Le problème c’est que je trouve qu’elles ne collent pas du tout aux personnages. C’est une grande déception face aux personnages que j’imaginais seule. Mais je les ai vite mises de côté.

Je remercie donc le forum pour ce tour, l’édition des Petits Caveaux et l’auteur pour ce moment de découvertes et de plaisir !
Lecture dans le cadre d'un partenariat sur A&M

dimanche 3 juillet 2011

A l'endroit où elles naissent

Ma note :   


A l’endroit où elles naissent.

Je suis heureuse de ne pas être passée à côté de ce chef d’œuvre !

Nous suivons l’histoire, la vie de deux petites filles, de leur naissance à leur trentaine d’année environ. Beaucoup de choses les différencient, la principale est que l’une, Miangaly, est née à Madagascar alors que l’autre, Eva, est née en France. Conséquence : Miangaly, même si elle ne connait aucune richesse, est parfaitement aimée, malheureusement, Eva, elle, ne parvient pas à trouver le bonheur parmi les siens.

La première chose qui m’a stupéfaite, c’est ce style, cette écriture hors du commun. Elle est fantastique ! On voit, et on sent qu’elle est extrêmement travaillée, recherchée. Elle est incroyablement poétique, les rimes sont nombreuses, superbement trouvées et tournées. Il n’y a aucune lourdeur, la fluidité des phrases est presque magique. Diane Peylin a un talent qui nous saute aux yeux et nous gonfle le cœur. Elle capte toute notre attention. Les idées sont simples, mais la forme qu’elles prennent est fabuleuse. En bref, beaucoup d’originalité, très fine.

J’ai beaucoup apprécié la construction du roman : il y a un parallélisme avec les chapitres entre les deux petites filles que l’on suit. Cette forme est parfaite. Elle crée un équilibre juste entre les deux personnages. Je n’ai pas réussi à éprouvé une préférence pour l’une ou l’autre. Les deux sont attachantes au plus haut point, elles ont chacune leurs traits de caractère et on les découvre au fil des pages. Il y a beaucoup de cohérence.

Les thèmes sont accrocheurs, touchants. La beauté des mots choisis décrit les sentiments avec justesse et naturel. On éprouve de la douleur lorsque l’on lit ce qui touche à la mortalité infantile, la famine, les tempêtes face aux petites cabanes de Madagascar… La douleur lorsque des personnages secondaires disparaissent. Et l’incompréhension face à la mère d’Eva qui est « glacée » et hermétique avec ses filles. Mais quand même beaucoup de joie à travers les chants de Miangaly qu’on entend presque si on tend bien l’oreille, à travers les odeurs qui nous transportent, et la cuisine d’Olenka, qui nous fait rêver dès qu’Eva passe sa porte. Et du plaisir en les imaginant déguster leur mince carré de chocolat avec délectation. La scène d’amour entre Miangaly et son « copain » est par ailleurs extraordinairement réussie. Irrésistible, sensuelle, belle !

J’ai calculé que nous suivions à peu près 30 ans de leur vie, de 1986 à 2008 et quelque, tout en revivant les moments forts de notre Histoire : Tchernobyl, le 11 septembre 2001, un ouragan à Madagascar, … Le roman est ancré sur la réalité et cela renforce son intensité.

Depuis le début de cette critique, je cherche à caractériser ce roman avec un seul mot. Beaucoup me viennent à l’esprit tels que poignant, envoutant, puissant, émouvant… mais je pense que celui qui y correspondrait le mieux est Unique.

Ce livre est un gros coup de cœur, mais je pense qu’il rentre également dans mes livres préférés tant il m’a happée dès la première ligne, et ce jusqu’à la dernière. Aucune déception, un plaisir constant, voire crescendo. Des centaines d’images, d’odeurs et de sons qui nous traversent. Œuvre poétique, musicale et tellement… réelle. Elle nous touche profondément, et même quelques jours après l’avoir englouti, je me dis encore « J’étais si bien dans cette histoire ». Merci infiniment à la maison d’édition et surtout à Diane Peylin pour ce moment éblouissant en tout point. Emotions fortes garanties. Merci au forum pour cette découverte.

A lire et, sans doute à relire !
Lu dans le cadre d'un partenariat A&M.

mardi 24 mai 2011

L'Appel de l'Ange


Titre : L'appel de l'ange
Auteur : Guillaume Musso
Nombre de pages : 382
Date de parution : 2011
Ma note : ❤❤❤❤



C’est l’histoire de deux personnes, Madeline, fleuriste parisienne et Jonathan, ex-chef de cuisine aux Etats Unis, qui se rentrent dedans à l’aéroport et échangent malencontreusement leur portable (identique) et repartent illico pour leur vol. Ce n’est que dans l’avion qu’ils s’en rendent compte, ils souhaitent se les renvoyer dès leur arrivée, mais la curiosité s’empare de chacun d’eux, et ils vont peu à peu s’infiltrer dans la vie de l’autre.

Ce que j’ai ressenti en lisant L’appel de l’ange c’est une impression de «too much » dans les événements, les paroles rapportées, les sentiments évoqués. Le monde apparait vraiment trop petit pour être vrai. La trame policière qui s’infiltre dans l’histoire de base, bien qu’elle soit essentielle, est un peu grosse. Et paradoxalement, à côté, je trouve un grand manque d’approfondissement, surtout en ce qui concerne les personnages secondaires. Que deviennent la meilleure amie et le fiancé de Madeline durant tout ce temps ? Les choses ne sont pas suffisamment approfondies. On sent un souhait de la part de l’auteur de faire connaître un peu plus le monde de la cuisine avec le personnage de Jonathan, mais là encore de manière trop superficielle. De même pour le monde des fleurs avec Madeline. Le roman aurait facilement pu faire une centaine de pages en plus pour qu’on puisse s’attacher davantage aux personnages et à l’histoire.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire en découvrant des descriptions quelque peu « gnangnan », des paroles rapportées peu naturelles avec entre autre l’utilisation d’insultes invraisemblables. Plus j’avançais dans ma lecture et mieux ca allait, les phrases coulaient plus facilement sous mes yeux, mais les scènes d’intimités gardent un côté ridicule car beaucoup trop fleur bleue. « Elle avait une odeur fraîche et vibrante d’agrumes, de menthe et de lavande» « Leurs corps se mélangèrent pour former une sculpture en mouvement, tout en courbes et en creux, qui ondoyait dans le clair-obscur de la lune ». Etc. Disons que cela fait sourire.

La conséquence directe de ce manque d’approfondissement est une absence (quasi-)totale de suspens. La fin est terriblement attendue depuis le début. Le déroulement de l’enquête « policière » est elle aussi sans grande surprise finalement. C’est un peu dommage car je trouve l’idée de départ vraiment génial. Le résumé était vraiment très attirant et je ne m’attendais pas du tout à ce genre.
Par contre, c'est un livre que j'ai lu en deux coups car, malgré les points négatifs que je viens de relever, l'intrigue est prenante et donne envie d'aller jusqu'au bout.

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

lundi 18 avril 2011

Le Chant du Cygne

Titre : Le Chant du Cygne
Auteur : Cyril Carau
Editions : La Frémillerie

Ma note : ❤❤❤❤


Le Chant du Cygne est le premier roman de Cyril Carau que je lis. C’est un roman graphique mais je n’ai pas du tout accroché avec les illustrations. Elles sont très belles, superbement réalisées, mais c’est juste que je préfère me faire une idée moi-même des personnages. Ce qui m’a le plus gêné c’est le réel décalage entre mon imagination à partir des descriptions de l’auteur et les illustrations. A part cela, leur nombre est bien réparti dans l’ensemble du roman, ni trop, ni pas assez. Et je dois avouer que l’illustration finale est sublime.
Venons en maintenant au roman en lui-même. Univers très particulier, celui des mafieux  et donc des meurtres en série. Presque tous les chapitres sont associés à une date et un horaire précis, j’ai trouvé cela bien, surtout au début lors d’un retour chronologique. Bref. Dans l’ensemble, j’ai été véritablement bluffée ! Pourtant j’ai eu du mal à accrocher avec le début du roman car j’ai trouvé les descriptions peu naturelles, avec l’utilisation d’un vocabulaire trop recherché, trop complexe. Beaucoup trop de mots inconnus qui m’ont empêché de plonger au cœur de l’histoire. Mon premier sentiment a donc été de la réticence. Mais finalement, les descriptions faites de chacun des personnages m’a fait oublié le reste. Elles sont fabuleuses, le vocabulaire est incroyablement bien mis en valeur, les personnages vivent sous nos yeux grâce à ces mots. Le style de Cyril Carau est très poétique, et je suis tombée sous le charme de plusieurs de ses formules : « …quand la nuit gagnera sur le jour », « Elle toucha l’eau de la main, dans une sotte tentative d’attraper les étoiles, mais ne parvint qu’à rendre flou leur reflet. », ou encore « On dit que la beauté est l’intelligence du corps, à cette heure trouble, chez Valéria, il était question de génie. ». Une beauté de l’écriture comme j’ai eu rarement l’occasion d’en lire.

Malheureusement, je n’ai pas été aussi transportée par l’intrigue que par l’écriture. Nous suivons un homme, Rielo, italien marqué par la guerre qu’il a vécu auparavant. Inconsciemment, depuis le début, il compte prendre sa revanche et se laisse enrôler dans des affaires mafieuses de New York. S’en suivent des histoires de gangs quelque peu compliquées, tachées de sang et d’argent. Mais Rielo se métamorphose peu à peu, on le voit se dégrader, ses yeux changent de couleur, son regard prend une nouvelle intensité, une soif anime tout son corps et rien ne peut l’assouvir, pas même la chaleur du corps de sa maitresse. Les scènes d’amour sont particulièrement prenantes dans ce roman. Elles sont très érotiques et, là encore, la justesse des mots et du style nous transportent.

Ce qui se fait ressentir à la lecture du livre, c’est une gênante impression d’incompréhension. Il est quasi-impossible de comprendre ce qu’il se passe dans la tête du personnage principal. Pourquoi agit-il comme çà ? Est-ce réellement possible, tout ce qu’il accomplit à la fin ? Un être humain est-il capable de faire çà ? Ca m’a un peu fait penser à la fusillade du lycée Columbine aux Etats Unis, mais en pire. Donc c’est un entremêlement de sang, de sentiments inhumains, d’irréel qui plane à la fin, mais les dernières lignes viennent clore magnifiquement ce carnage. 

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

lundi 4 avril 2011

Les Haut Conteurs, Tome 2.

Titre : Les Haut Conteurs : Roi Vampire
Auteurs : Patrick McSpare et Olivier Peru
Maison d'édition : Scrineo Jeunesse

Ma note : ❤❤❤


Tout d’abord, une chose, qui n’a rien à voir avec l’histoire, m’a beaucoup plu : la police de caractères utilisée dans cette édition. Elle correspond parfaitement à l’univers fantastique, et c’est déjà un bon point pour nous donner envie de lire et de rentrer dans le thème.
Comme il s’agit d’un deuxième volet, j’appréhendais un peu la manière avec laquelle les auteurs allaient faire passer le résumé du premier tome, comme c’est le cas dans toutes les sagas. Etant donné que j’ai lu les deux tomes d’affilé, je craignais une répétition écrasante et longue. Et bien j’ai été très agréablement surprise. Aucune lourdeur, un rappel des personnages et de l’histoire simple et concret. Un bon début.
Les Haut Conteurs désignent les membres d’un Ordre qui ont pour but de raconter des histoires plus stupéfiantes les unes que les autres. Ils n’ont pas de pouvoir particulier si ce n’est la voix des rois, don rare, pour pouvoir captiver leur auditoire. Roland, le jeune héros qu’on suit, est le plus jeune Haut Conteur de l’histoire. A 13 ans, il était un garçon rêveur, fils d’aubergiste au destin tout tracé : reprendre l’auberge familiale et ne jamais quitter son village. Il ne s’attendait pas à être embarqué dans des aventures aussi folles qu’effrayantes, remplies d’êtres maléfiques. Bien évidemment, il n’est pas seul. 
Les personnages principaux, au nombre de quatre dans ce tome, sont tous très particuliers. Roland est en pleine évolution par rapport au premier tome. L’écriture, les éléments de l’histoire, et sa personnalité décrite illustrent bien cette maturation. Mathilde la Patiente reste la femme dure, protectrice mais attentionnée et amusante quand elle le décide du premier tome ; Ruppert l’Archiviste est le cerveau du groupe et ses interventions sont toujours intéressantes ; Salim l’Insondable, est celui qui m’a la plus conquise. En effet, comme son surnom l’indique, Salim est muet, et son visage ne révèle aucune de ses pensées, cependant, il est extrêmement touchant. Cela peut paraître contradictoire, mais c’est bien la preuve de la qualité de l’écriture. Chaque personnage a son importance, et l’intrigue en elle-même nous oblige à porter notre attention sur chacun d’eux, puisqu’il faut trouver quel est le traitre parmi eux.
Tout au long du roman, les tons sont bien répartis : l’humour rompt avec les épreuves, les conflits, et il tombe toujours à point. Il rajoute cette touche de complicité entre les personnages qui nous permet de nous identifier et de nous accrocher à eux. Le héros restant très jeune, il n’y a aucune histoire d’amour profonde, mais on sent son attirance pour les quelques demoiselles de son âge qu’il rencontre, et ses réactions sont amusantes.
L’histoire se déroule en 1190, et l’arrière plan historique soigné est très fructifiant. Le vocabulaire employé qui y correspond (avec l’association de notes en bas de page) nous dresse encore mieux le décor et donne d’avantage de relief à l’intrigue.
Les scènes d’action, c’est-à-dire principalement de combats contre les démons, leurs pires ennemis, sont prenantes, rythmées, on ne s’ennuie pas, il n’y a pas de longueur dans les descriptions, l’angoisse de la mort est perceptible, on vibre avec les personnages.
L’ensemble du roman est captivant, les éléments se raccrochent tous les uns aux autres, et il est ainsi difficile de lâcher l’intrigue d’un bout à l’autre. L’avantage est qu’il se lit relativement vite. Les personnages ont de quoi faire et le lecteur est emporté dans leur mission. 
J’aurais juste un point négatif à relever : dans le premier tome et dans les 20 premiers chapitres du deuxième, j’étais emballée par le fait que les auteurs, à aucun moment, ne relatent les histoires racontées par les Haut Conteurs. Les ellipses étaient à chaque fois les bienvenues, le mystère restait complet. Mais le dernier chapitre est consacré à la première histoire contée par Roland, histoire qu’on connait déjà puisqu’il s’agit de celle du premier tome, et cela m’a un peu (beaucoup) déçue. J’aurais préféré continuer à imaginer ces histoires presque magiques. Je pense que les mots sont trop faibles pour rivaliser avec la voix des rois.



Lecture dans le cadre d'un partenariat sur A&M

vendredi 25 février 2011

Dos à Dos, S. Bassignac

Titre : Dos à dos
Auteur : Sophie Bassignac
Edition : JC Lattès

Ma note : ❤❤❤❤❤


Cette collection offre un format et une qualité de livre vraiment super agréable au toucher. C’est un plaisir de tourner les pages, de caresser la couverture. Pour Dos à Dos, de Sophie Bassignac, c’est 233 pages d’une écriture extrêmement douce. Je ne sais pas si c’est vraiment le mot adéquat, mais c’est ce que j’ai ressenti. J’ai eu beaucoup de coup de cœur pour certaines phrases comme celle-ci par exemple : « Fumiko lui avait appris que rien ne couvrait mieux le silence de l’un que le silence de l’autre, dans une histoire au jour le jour où chaque matin on se souriait aussi timidement que des amants de la veille. »  Je viens de le terminer et la lecture en a été très rapide. La longueur de chaque chapitre est parfaite, ni trop longue, ni trop courte, juste ce qu’il faut pour ne pas se lasser et continuer à chaque fois encore un peu plus loin. Dos à dos, ca parle d’une famille pas tout à fait comme les autres, rongée par une relation compliquée entre le fils, Arnaud, et ses parents Gabriel et Ester qui eux même ne vivent pas l’amour fou. Arnaud débarque un jour chez ses parents sans prévenir et repars quelques jours plus tard d’une manière tout aussi imprévue. Entre temps, son père a eu le temps de découvrir que son fils est un cambrioleur poursuivi par la police. Gabriel est un écrivain qui a décidé d’arrêter d’écrire mais qui regarde toujours le monde et ses multiples facettes à travers ses yeux d’auteur. S’en suit des histoires de filatures, d’adultère, de vie d’artistes tels qu’écrivain et photographe, tout cela enfoui dans un quotidien naturel et réaliste. Les descriptions sont simples et envoutantes. Ce qui m’a beaucoup marqué dès les premiers paragraphes c’est l’utilisation de métaphores et de comparaisons si justes, si douces… qui se lisent toutes seules et nous transportent. Le récit porte de la première à la dernière page un léger mystère continu qui nous tient en haleine. Les personnages sont tous dotés de caractéristiques bien personnelles et on s’amuse à les cerner un par un. On est emporté dans leurs troubles, leurs problèmes, leur incroyable mélancolie. J’aime beaucoup ce côté narrateur omniscient qui sait et dit ce que les uns ignorent sur les autres. Le réalisme des dialogues est un pur bonheur et il nous rapproche encore davantage des personnages. C'est vraiment ce point de vue tourné vers les personnages qui est fascinant, on les suit dans leurs réflexions, on réfléchit avec eux, on pense avec eux, et on essaye d'imaginer ces vies dans le monde réel. L’ensemble du roman glisse tout seul pour arriver jusqu’au dernier chapitre que j’ai trouvé réellement poignant ! J’en ai eu les larmes aux yeux jusqu’au dernier mot. C’est le personnage de Gabriel qu’on voit le plus évoluer, qu’on suit le plus profondément et dans ce dernier chapitre, il nous titille le cœur. On ressort de ce roman avec un sentiment étrange, difficile à identifier. Peut être une impression que ce livre a servi à quelque chose tout simplement.


Lecture dans le cadre d'un partenariat sur A&M

samedi 5 février 2011

" Création terminée. " + Il est parmi nous.

Je n'ai pas la moindre idée de la raison pour laquelle je crée ce blog ! Peut-être parce que la fac me laisse un peu de temps libre, que j'ai envie de parler de mes lectures achevées, ou rêvées et de mettre des photos sur les petits plats que j'aime concocter.

Voilà, en gros, ce blog est réservés aux passionnés de littérature et... de nourriture !

Welcome Home !

Et pour commencer, voici une critique d'un roman de science fiction, faite grâce à un partenariat avec le forum Acros et Mordus de lecture !

Titre : Il est parmi nous
Auteur : Norman Spinrad 



Il est parmi nous est mon premier vrai roman de science fiction. Eh bien, peut être que je n’aurais pas du m’attaquer à ce genre avec un pavé de 889 pages assez… compliquées. Tout commençait pourtant bien. Les quelques premières pages m’ont ravies. Elles étaient claires, nettes, et annonçaient une histoire tranquille, avec une écriture limpide. Un paragraphe m’a marqué et m’a fait rire à la deuxième page : « Il aimait ces ions négatifs qui déferlaient du désert, titillaient ses vieilles endorphines et briquaient ses dendrites à la norépinéphrine, accélérant jusqu’à l’hyperpropulsion la matrice biochimique quadragénaire de sa conscience. » Je me suis dis que l’auteur avait fait exprès pour nous perdre en quelques lignes, avec un but humoristique. Mais je me suis rapidement rendue compte que cette complexité se répandait peu à peu.

La trame de l’histoire est tout-à-fait compréhensible : un agent découvre un acteur dans un boui boui qui joue le rôle d’un comique venu du futur et décide de le prendre sous son aile. Cet « acteur » s’appelle Ralf. Avec l’aide d’un écrivain de science fiction, et d’une spécialiste en matière de préparation d’acteurs, un véritable business se met en place autour de Ralf : une émission de télé lui est réservée, un livre lui est consacré... Le problème ? C’est que Ralf ne sort jamais de son rôle, à croire qu’il viendrait réellement du futur chaotique qu’il décrit si bien. Il se fait passer pour le sauveur de l’humanité qui est revenu en arrière pour demander aux « petits macaques » que sont les êtres humains de faire changer les choses pour éviter un futur dénué de couche d’ozone. Mais tout cela s’entoure de longues discussions, descriptions, de longs rêves basés sur la science d’une part, sur la spiritualité d’autre part d’une manière très compliquée. C’est un avis strictement personnel car je suis consciente que d’autres lecteurs doivent se trouver dans leur élément. Je n’ai pas du tout réussi à rentrer dans ce roman, ce qui ne m’a pas du tout donné envie de faire des efforts pour relire les passages que je ne comprenais pas complètement. Je n’ai par contre rien à redire de l’écriture de l’auteur. Son style est impressionnant, et il parvient à changer complètement de registre en un clin d’œil. Car dans ce roman, deux narrations complètement différentes alternent : il y a le monde de Ralf et il y a le monde d’une jeune femme qui tombe dans la toxicomanie et la prostitution. Dans ce deuxième monde, l’auteur se lâche complètement : langage parlé (voire marmonné), vulgarités incroyables, images dégoutantes, un réalisme cru détonant, et ce, de pire en pire à mesure que l’histoire avance.

Je n’ai pas trouvé l’intrigue du livre assez puissante alors que j’imagine qu’avec un tel sujet, ca aurait pu l’être davantage. Je mets ce peu d’attachement au récit sur le compte de ma méconnaissance en matière de science fiction. J’attendais totalement autre chose et cette attente m'a peut-être bloquée. Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages malgré tout ce temps que j'ai passé avec eux, je n'ai souris que rarement, ne comprenant pas la plupart des blagues (qui sont pourtant l'une des bases du roman). Mais malgré tous ces points négatifs, je l'ai lu jusqu'à la dernière page. Il y avait ce je-ne-sais-quoi qui me disait de tenir bon. Au final, un peu déçue par la fin. Beaucoup de choses ont du m'échapper, mais je ne regrette rien de cette lecture qui va me permettre d'appréhender les livres de science fiction d'une toute autre manière !