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lundi 25 juin 2012

L'ère des phalanstères

Titre L'ère des phalanstères
Auteur : Gil Braltard

Editions : Céléphaïs
Parution : 2012



Ma note : ❤❤❤❤

Quatrième de couverture :

Gaïa, malgré notre bassesse et notre malfaisance, a eu pitié de nous. Des terres que nous avions rendues stériles, Elle a fait surgir de resplendissantes fleurs. Elle nous a envoyé ses messagers, les prophètes Ubik et Florem et leur armée de serviteurs qui nous ont aidés à construire les phalanstères, ces arches de paix et de liberté où nous sommes choyés comme des princes. Oui, en vérité je vous le dis, par saint Joseph-Proudhon, saint Charles-Fourier, saint James-Lovelock et tous les autres saints de la Floraison, il n'est pire pécheur que celui qui tourne le dos à notre Bonne Mère.
Gaïa a instillé la Peur en nous pour qu'elle nous détourne de l'Extérieur. La Peur est un mal nécessaire. Elle nous rappelle à tout moment que la liberté physique est une illusion. Que représente en effet cette insignifiante liberté en comparaison de celle de projeter notre esprit où nous le désirons ?

En pensées seulement tu voyageras. Le rêve rend libre, mes chers frères et sœurs, n'oubliez jamais cette sainte maxime, le rêve rend libre.

Mon avis :

L’ère des phalanstères… Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le nom (ou le pseudonyme, je ne sais pas trop) de l’auteur : Gil Braltard. Cela fait très détroit, j’aime et je retiendrai facilement. Pour ce qui est du titre, je l’ai trouvé mystérieux, attirant et j’ai été charmée par la couverture, chose plutôt rare. Elle est très jolie et on la comprend encore mieux une fois qu’on a fini la lecture, qu’on ferme le livre et qu’on l’observe longuement, le temps de se dire : waouh… sacrée aventure.

En bref, j’ai énormément apprécié cette lecture. C’est un roman de science-fiction agréablement surprenant. Très prenant. L’écriture est douce, elle coule toute seule et fait des fantaisies de la SF une superbe aventure forte en émotions. L’intrigue est là, pesante, intrigante, elle nous tient en haleine et nous empêche de reposer le livre avant d’en lire un chapitre en plus, puis un autre et encore un autre… Il est complexe en matière d’évolutions techniques mais les descriptions n’ont aucune lourdeur et sont, finalement, dépourvues de complexité. Tout est facilement compréhensible et c’est, à mon avis, ce qui rend un roman de SF mieux abordable.

Le roman est construit sur une alternance de chapitres pour créer un parallèle entre deux « mondes », enfin, c’est ce que nous comprenons une fois le nombre de pages déjà bien écoulé. Nous avons donc à faire à deux aventures, différents personnages, et nous n’attendons qu’une chose : que les deux mondes se découvrent et se rejoignent.

Les personnages sont extrêmement attachants, comme dans tout bon roman. J’ai tout de suite adoré Watson, un major DOM (une sorte de robot amélioré) au service d’un des personnages principaux. Il m’a fait beaucoup rire avec son caractère et ses répliques cinglantes pleines de rimes. Très amusant et très imposant en même temps. On sent que ce sera un personnage important !

J’ai réussi à me créer un autre monde dans ma tête grâce à la plume de l’auteur. Il m’a littéralement transportée vers un monde futuriste, certes, mais pas si insensé que cela ! C’est d’ailleurs en ce sens que ce roman m’a marquée : il ouvre sur de lourdes réflexions quant à l’avenir de notre propre planète et de l’humanité toute entière.

A certains moments, je me suis surprise à penser que cette aventure était peut-être digne d’une aventure de Barjavel, en tout cas dans le fond, pas du tout dans la forme.

En essayant d’être concise, je dirais que c’est une très belle aventure, le thème est envoûtant, les personnages sont sympathiques et ont un caractère touchant. Le livre est plein d’humour et en même temps de gravité. Je pense qu’il pourrait faire un super scénario pour un film.

Merci aux éditions Céléphaïs et au forum !

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

samedi 25 février 2012

L'Ombre du vent


Titre L'Ombre du vent
Auteur : Carlos Ruiz Zafon
Editions : Grasset
Parution : 2001



Ma note : ❤❤❤❤




Je vais être rapide sur ce livre, parce qu'il est tellement... tellement !!! C'est un gros coup de coeur. Durant toute ma lecture, j'étais plongée dans une autre vie, celle de Daniel. Ce roman est vraiment très complet, il touche à tous les registres et nous fait passer par tous les sentiments. J'ai beaucoup ris avec les répliques et le caractère de Fermin ; j'ai frissonné et angoissé avec le mystérieux Lain Coubert ; je me suis terriblement attaché aux personnages de Daniel et de Fermin ; j'ai détesté à un point fou l'inspecteur Fumero ; j'ai craqué devant certaines scènes d'amour et de sentiments... Bref ! Un roman comme j'en ai rarement lu.
Roman d'aventures ? Polar ? Thriller ? Roman d'Amour ? Je ne saurais pas le définir, mais il nous prend aux tripes et nous ne pouvons le lâcher avant d'en savoir la fin !! Intrigue terriblement prenante. 


Je dis Merci !! J'en redemande.
Les 637 pages se dévorent à une vitesse folle. Dommage que cela se finisse si vite !

dimanche 19 février 2012

La charrette bleue et Journal d'un homme simple


Titre La charrette bleue
Auteur : René Barjavel
Editions : Denoël
Parution : 1980

Ma note : ❤❤❤❤

Journal d'un homme simple : Titre
René Barjavel : Auteur 
Denoël : Editions
1982 : Parution


Ma note : ❤❤❤❤

J'ai décidé de ne faire qu'un seul et même article pour ces deux livres car ils se "suivent" en quelque sorte. Les deux sont des récits autobiographiques de l'auteur. Dans le premier, La charrette bleue, Barjavel nous raconte son enfance passée en partie pendant la première guerre mondiale. Nous découvrons l'histoire de son père, de sa mère, de ses cousins, cousines et de ses beaux-frères. Le petit René était un garçon attendrissant, toujours en quête d'aventures, de découvertes, et surtout de littérature. Il n'aimait pas l'école, mais  a beaucoup apprécié certains de ses enseignants. Les phrases, comme dans tous ses romans, coulent toute s seules. Ses idées sont claires, belles, intéressantes même s'il ne s'agit que de sa vie réelle, sans aucune trace de science fiction. Je porte désormais un regard complètement différent sur les boulangeries qui m'entourent. Même si ce n'est plus du tout la même époque dont il nous parle, on découvre les merveilles de l'arrière boutique de son père, on sent l'odeur du pain préparé à 5heures du matin. On joue, on observe avec le petit René les rues et paradis campagnards qui l'entourent... C'était une vraie bouffée d'air frais, malgré les évènements pas toujours très joyeux. Un énorme plaisir de découvrir l'enfance d'un de mes auteurs favoris.

Dans le second, Journal d'un homme simple,  Barjavel nous décrit sa vie dans les années 40, grâce à un journal qu'il tenait plus ou moins quotidiennement. Le récit est donc beaucoup moins romancé, beaucoup plus vraisemblable car daté et entrecoupé. Nous retrouvons quand même notre cher Barjavel, qui part dans des idées toutes plus simples les unes que les autres, mais si vraies. Il nous décrit longuement la manière avec laquelle il a vécut pendant la deuxième guerre mondiale cette fois. J'ai trouvé certains passages très longs. La vision de la guerre qu'il nous donne est étrange, quelque peu dérangeante, et pourtant, cela doit être celle qui touche le plus la vérité. Je me suis un peu perdue dans cet ouvrage. C'est la première fois que je suis déçue par un de ses petits bijoux, mais j'en suis quand même arrivée à bout. Et la fin remonte dans mon estime. Nous le retrouvons, s'interrogeant sur l'homme et la vie, sur sa manière de voir les choses et sur le besoin d'amour.  "Ne vous lamentez pas ; ne criez pas à l’injustice : rien ne peut-être définitivement vôtre, rien n'est stable, rien ne dure." (p.174) ou encore : "Apprendre aux hommes à regarder le ciel, au lieu de leur apprendre la haine." (p.122). La version que j'ai lue est une version complétée par Barjavel dans les années 80, il y a donc des ajouts à son journal qui sont très intéressants. Il est toujours plein d'humour et d'un naturel fou, d'une simplicité dans les mots. J'y ai appris que "caresser" ne prend qu'un "r", mais que cela aurait été plus beau qu'il en prenne deux, car on caresse avec deux mains.

dimanche 8 janvier 2012

Belle


Titre Belle
Auteur : Robin McKinley
Editions : Presse Pocket
Parution : 1993



Ma note : ❤❤❤❤

Cette lecture est un véritable coup de coeur. Cela faisait un petit bout de temps que je n'avais pas lu un livre avec autant d'avidité et si rapidement. C'est le genre de lecture qui me pousse à m'endormir très tard le soir (ou le matin). J'aime tellement cette sensation de se sentir bien dans une histoire parallèle, de vivre au côté des personnages et même de vivre à travers le personnage de Belle, puisqu'elle parle à la troisième personne.

L'écriture est toute simple, mais elle crée un univers et une atmosphère palpable. L'auteur nous emporte dès les premières lignes dans un monde merveilleux ou le banal et la magie se côtoient. 

La lecture se fait, bien naturellement, avec le vrai conte dans un coin de la tête. On se demande quand est-ce que tel ou tel évènement va se dérouler. Et je n'ai éprouvé aucune déception face aux adaptations et aux changements que l'auteur a fait du conte original (originel?). J'ai beaucoup aimé le fait que Belle ne soit pas si belle que cela au début de l'histoire, que nous nous attachons à l'ensemble de sa famille avant son départ, et aussi à son cheval avec qui elle vit une histoire particulière. J'ai également adoré des détails comme par exemple le fait que la bibliothèque de la Bête contiennent des livres qui n'ont pas encore été écris à l'époque. 

Belle est un personnage très fort, elle n'hésite pas à se "sacrifier" pour sauver son père, elle ne craint presque pas la Bête. Elle est intelligente, cela se sent, et très cultivée (on la voit passer des heures le nez dans ses livres). Les descriptions sont légères, et les dialogues réalistes et naturels (à quelques exceptions près.).

La fin est peut être un peu rapide. Tout s'accélère, tout s'emmêle, et on tombe un peu de haut quand on achève notre lecture. C'était un moment vraiment passionnant. Peut-être que l'auteur aurait pu davantage approfondir les sentiments perçus par Belle et par la Bête, mais à part cà, rien à dire.

Un monde magique qui nous envoûte et nous donne terriblement envie de revoir le dessin animé de Disney ! Ce que je vais peut-être faire rapidement !

mardi 8 novembre 2011

Top Ten Tuesday n°3








Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français le blog d'Iani.

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Les 10 livres que vous garderiez à tout prix dans votre bibliothèque s'il ne devait rester qu'eux.


Pas facile !! Surtout de les classer, donc j'en mets 10, mais je les classe plutôt par genre (adulte/jeunesse), plutôt que par coup de coeur.


Je me suis bien sure restreinte aux livres qui sont réellement dans ma bibliothèque (exception faite pour La quête d'Ewilan, je n'ai que le tome 3 mais, je les aurais un jour, je les aurais !!)


Bon et puis pas trop le temps de trop blablater, je pense que les couvertures parlent d'elles même !


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La semaine prochaine ...


Les 10 personnages avec qui vous vous verriez bien faire votre vie (ou passer la nuit!).

dimanche 6 novembre 2011

Apocalipstick


Titre Apocalipstick
Auteur : Charlotte Marin
Editions : XO
Parution : 2010
Ma note : ❤❤❤❤❤


Quatrième de couverture :
Qui est cette blonde entortillée dans un drap qui s’apprête à s’enfuir par la fenêtre ?


Nom : Charlotte Malère.
Âge : Trente ans, tendance trentenaire à vif.
Profession : Critique de cinéma.
Signe particulier : Lui arrive toujours l’impensable.


Charlotte se réveille seule et menottée au lit de son amant, le célèbre réalisateur Richard Bouvier. Pour éviter de prendre le petit déjeuner avec l’épouse en titre, elle se détache, saute dans la rue et s’engouffre nue dans la voiture d’un inconnu. Elle lui pique sa veste et détale… sans se douter que, cinq heures plus tard, ils se retrouveront face à face, à chanter en chœur dans une kermesse d’école. Les premières notes d’une nouvelle histoire d’amour ?


Ce n'est pas souvent que je lis ce genre de livre mais qu'est ce que ça fait du bien !! C'est la lecture idéale pour un dimanche déprimant. Vous le prenez en main, même sans aucune motivation, enfoui dans votre lit alors qu'il pleut averse dehors, vous le commencez et vous ne l'arrêtez plus tellement il est léger mais incroyablement transportant. Un humour terrible ! Il ne vous procure peut être pas des fous rires, mais bien plus que de simples sourires en tout cas. Vous vous sentez bien, vous vous sentez mieux ! C'est comme si vous regardiez un bon film de comédie, le remède idéal quoi.

Nous embarquons aux côtés de la vie rocambolesque de Charlotte et nous suivons ses joies, tracas, et situations comiques à souhait. On s'identifie à elle et elle arrive à nous toucher profondément. Amitié, amour, trahison, pardon, regrets... tout y est.

Une très bonne partie de plaisir.
Coup de coeur particulier, pas forcément pour le contenu mais pour les émotions apportées.





samedi 3 septembre 2011

Lectures de vacances

Me voilà de retour de vacances. Je n'ai pas lu beaucoup, mais je vais essayer de m'y remettre bientôt. D'autant plus que je commence un nouveau partenariat avec Mon fils, son cancer et moi de Sandrine Coucke-Haddad.
Je vais donc faire un bref récapitulatif de mes lectures d'été.


Facebook m'a tuer
Je ne parviendrais pas à noter cette lecture. C'était un bon moment, rempli de consternation face à l'ampleur que prend internet dans nos vies. Je crois que les différentes anecdotes racontées dans cet ouvrage sont vraies, et c'est assez flippant. Malheureusement, c'est dans ce sens que va notre société. Je pense qu'il faut le lire pour se rendre compte de cette nouvelle addiction chez certaines personnes et qui sait, peut être se voir à travers les personnages et se dire... merde ! Faut que je fasse quelque chose là.

Le diable l'emporte
Ma note :   
Un petit Barjavel que je n'avais pas encore lu et que j'ai découvert à la médiathèque pendant mon stage. Je l'ai retrouvé toujours aussi fabuleux dans son futurisme et son style envoûtant. On ne s’ennuie pas une seule seconde, on en prend plein les yeux et le coeur. Que du bonheur.


Merry Gentry
tome 1
Ma note :   
Je n'ai pas du tout aimé ce bouquin. Je l'ai lu avec beaucoup de difficulté, mais j'en suis arrivée à bout parce que je déteste laisser un livre inachevé derrière moi. A chaque fois que je le lisais, j'avais l'impression de ne pas avancer, c'était horrible. Les personnages sont attachants certes, mais ils sont tous pareils je trouve, tout est mêlé au sexe. Et trop de sexe tue le sexe. Les évènements sont longs ! On attend une élément importants pendant une centaine de pages et arrivé à ce moment là, il se déroule en trois pages et c'est fini, on passe à autre chose... Enfin bon, une déception comme rarement j'en ai eu sur des livres. Je ne pense pas continuer la série ^^



A comme Association tomes 1 et 2

Ma note :   
Cela faisait tellement longtemps que je voulais les lire ceux là ! Impossible de les trouver disponibles dans ma bibliothèque à Clermont, et impossible de les trouver disponibles dans la médiathèque d'Orléans sauf l'avant dernier jour de mon stage ! C'est à dire que je les ai emprunté avec l'obligation de les lire en deux soirées. Ce que j'ai réussi à faire ! Du coup, je n'ai pas autant de souvenirs que je le voudrais :S. Je me souviens avoir beaucoup aimé. Je me mélange un peu avec la trilogie de L'autre et Phaenomen que j'ai lu durant la même période. Donc je pense que je les relirais bientôt avant de me replonger dans la suite. En tous cas, cela fait un petit quelque chose au coeur de lire l'un des derniers ouvrages de Pierre Bottero .






J'ai commencé Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée par Kai Hermann et Horst Rieck. Que de joie dans mes lectures du moment xD.




Bonnes lectures à vous et bonne rentrée !

dimanche 3 juillet 2011

A l'endroit où elles naissent

Ma note :   


A l’endroit où elles naissent.

Je suis heureuse de ne pas être passée à côté de ce chef d’œuvre !

Nous suivons l’histoire, la vie de deux petites filles, de leur naissance à leur trentaine d’année environ. Beaucoup de choses les différencient, la principale est que l’une, Miangaly, est née à Madagascar alors que l’autre, Eva, est née en France. Conséquence : Miangaly, même si elle ne connait aucune richesse, est parfaitement aimée, malheureusement, Eva, elle, ne parvient pas à trouver le bonheur parmi les siens.

La première chose qui m’a stupéfaite, c’est ce style, cette écriture hors du commun. Elle est fantastique ! On voit, et on sent qu’elle est extrêmement travaillée, recherchée. Elle est incroyablement poétique, les rimes sont nombreuses, superbement trouvées et tournées. Il n’y a aucune lourdeur, la fluidité des phrases est presque magique. Diane Peylin a un talent qui nous saute aux yeux et nous gonfle le cœur. Elle capte toute notre attention. Les idées sont simples, mais la forme qu’elles prennent est fabuleuse. En bref, beaucoup d’originalité, très fine.

J’ai beaucoup apprécié la construction du roman : il y a un parallélisme avec les chapitres entre les deux petites filles que l’on suit. Cette forme est parfaite. Elle crée un équilibre juste entre les deux personnages. Je n’ai pas réussi à éprouvé une préférence pour l’une ou l’autre. Les deux sont attachantes au plus haut point, elles ont chacune leurs traits de caractère et on les découvre au fil des pages. Il y a beaucoup de cohérence.

Les thèmes sont accrocheurs, touchants. La beauté des mots choisis décrit les sentiments avec justesse et naturel. On éprouve de la douleur lorsque l’on lit ce qui touche à la mortalité infantile, la famine, les tempêtes face aux petites cabanes de Madagascar… La douleur lorsque des personnages secondaires disparaissent. Et l’incompréhension face à la mère d’Eva qui est « glacée » et hermétique avec ses filles. Mais quand même beaucoup de joie à travers les chants de Miangaly qu’on entend presque si on tend bien l’oreille, à travers les odeurs qui nous transportent, et la cuisine d’Olenka, qui nous fait rêver dès qu’Eva passe sa porte. Et du plaisir en les imaginant déguster leur mince carré de chocolat avec délectation. La scène d’amour entre Miangaly et son « copain » est par ailleurs extraordinairement réussie. Irrésistible, sensuelle, belle !

J’ai calculé que nous suivions à peu près 30 ans de leur vie, de 1986 à 2008 et quelque, tout en revivant les moments forts de notre Histoire : Tchernobyl, le 11 septembre 2001, un ouragan à Madagascar, … Le roman est ancré sur la réalité et cela renforce son intensité.

Depuis le début de cette critique, je cherche à caractériser ce roman avec un seul mot. Beaucoup me viennent à l’esprit tels que poignant, envoutant, puissant, émouvant… mais je pense que celui qui y correspondrait le mieux est Unique.

Ce livre est un gros coup de cœur, mais je pense qu’il rentre également dans mes livres préférés tant il m’a happée dès la première ligne, et ce jusqu’à la dernière. Aucune déception, un plaisir constant, voire crescendo. Des centaines d’images, d’odeurs et de sons qui nous traversent. Œuvre poétique, musicale et tellement… réelle. Elle nous touche profondément, et même quelques jours après l’avoir englouti, je me dis encore « J’étais si bien dans cette histoire ». Merci infiniment à la maison d’édition et surtout à Diane Peylin pour ce moment éblouissant en tout point. Emotions fortes garanties. Merci au forum pour cette découverte.

A lire et, sans doute à relire !
Lu dans le cadre d'un partenariat A&M.

dimanche 19 juin 2011

La Ballade de Lila K

Titre : La Ballade de Lila K
Auteur : Blandine Le Callet
Nombre de pages : 394
Parution : 2010
Ma note :   

Le résumé :

Depuis le jour où des hommes en noir l'ont brutalement arrachée à sa mère et conduite dans un mystérieux Centre, mi-pensionnat mi-prison, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. La jeune femme, à la fois sensible, surdouée et asociale, n'a alors qu'une obsession : retrouver sa mère et sa mémoire perdue.

Dans une société sécuritaire en total décalage, où les livres n'ont plus droit de cité, Lila commence son enquête et parallèlement, son chaotique apprentissage.
Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué ou encore un chat multicolore...

Mon avis :

En un mot : Absorbant. Ce livre, tu l'ouvres et tu aimerais le finir d'un seul coup. On rentre dans le vif du sujet dès la première page, si ce n'est dès la première ligne. La narratrice est d'emblée attachante à souhait, on souffre avec elle, elle nous prend par les sentiments. On va vite se rendre compte que c'est une jeune fille dotée d'une très grande intelligence, elle comprend comment utiliser les gens en les faisant culpabiliser. Elle ne cesse de faire semblant. La narration à la première personne nous mène au cœur de ses pensées. Elle semble nous écrire, elle nous pend souvent à partie. Le style est extrêmement limpide, naturel, parfait ! Les phrases sont courtes, elles nous transportent, nous émeuvent, nous font rire souvent. Lila est incroyable. 

Ce qu'elle désire le plus, c'est retrouver sa mère, sa mère dont elle essait de se souvenir, mais peu à peu elle oublie son visage. C'est atroce de vivre cela à ses côtés. Elle est seule, elle ne peut rien faire, elle attend de sortir de son Centre. Mais elle vit dans un avenir/futur étrange dans lequel les caméras de surveillance sont reines, même dehors. Le suspense est intense. L'intrigue de toute sa vie nous prend aux tripes. Qui était cette femme, cette mère, qui semblait aimer sa petite fille mais qui l'a enfermé dans un placard pendant des années...Comment en est-elle arrivé là ? Et où est-t-elle à présent ?

Les personnages qui viendront en aide à la petite sont nombreux et très attachants également, en comparaison à tous les autres "méchants" de l'histoire. Son tout premier tuteur, Monsieur Kauffmann est l'homme que tout le monde aimerait rencontrer dans la réalité. "Pour mes 10 ans, Monsieur Kauffmann m'a offert une boussole, un modèle très ancien et très beau ayant appartenu à son arrière grand père. Pour t'aider à trouver ton chemin dans la vie, a-t-il déclaré en me la déposant dans le creux de la main". Il y a aussi Fernand et Lucienne qui l'aideront beaucoup, puis Lucinien, et enfin Monsieur Templeton. A découvrir !!

Vraiment une lecture merveilleuse, pleine de sensations, d'émotions.

mercredi 15 juin 2011

Le joueur d'échecs

Titre :Le joueur d'échecs
Auteur : Stefan Zweig
Nombre de pages : 117
Parution : 1943
Ma note :   


Le résumé :

Prisonnier des nazis, Monsieur B., en dérobant un manuel d'échecs, a pu, à travers ce qui est devenu littéralement une folle passion, découvrir le moyen d'échapper à ses bourreaux. Libéré, il se retrouve plus tard sur un bateau où il est amené à disputer une ultime partie contre le champion Czentovic. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire...

Mon avis :

C'est le genre de bouquin que je referme en soupirant un petit "waouh"... Deuxième nouvelle de Stefan Zweig que je lis en peu de temps. La première a été un réel coup de cœur, et celle-ci aussi ! Je suis bluffée par le style de cet écrivain. Il est très profond, très poussé et en même temps incroyablement accessible, simple. Nous lisons les phrases, les mots s'imprègnent en nous, et les sentiments nous transpercent le cœur.

L'histoire est d'autant plus touchante car nous assistons à la souffrance d'un homme, Monsieur B. qui raconte son histoire au narrateur. Il explique son enfermement par les nazis, pas dans un camp de concentration, non, mais dans une charmante chambre d'hotel où il n'y a qu'un lit, une table, une porte, une chaise, une cuvette et une fenêtre qui donne sur... un mur. Nous découvrons comme la technique des nazis est terrible : faire cohabiter leurs détenus avec .. le néant afin qu'ils n'en puissent plus pour passer aux aveux ! De quoi devenir fou au bout de plusieurs mois sans voir le ciel, sans échanger de paroles avec un être humain, sauf lors des interrogatoires répétitifs, sans écrire, sans toucher ni voir un livre. Alors quel soulagement, quelle joie, quelle surprise et montée d'adrénaline le jour où il découvre un livre dans la poche d'un manteau sur porte-manteau. Il le vole, le ramène dans sa chambre, et en découvre le sujet : le jeu d'échecs. Il passe le reste de son emprisonnement a jouer aux échecs dans sa tête, allant même jusqu'à la schizophrénie provoquée. Vingt-cinq ans plus tard, il a l'occasion de rencontrer le champion du monde d'échecs sur un échiquier.

Une histoire déroutante par la justesse des mots employés par l'auteur et par la lecture "entre les lignes" puisque cette nouvelle est une sorte de confession de Stefan Zweig, que l'on retrouve à travers Monsieur B.. Il était perturbé par un combat intellectuel similaire. Stefan Zweig se suicidera peu de temps après.

A lire! Lecture très rapide. 

dimanche 5 juin 2011

Lettre d'une inconnue

Titre : Lettre d'une inconnue
Auteur : Stefan Sweig
Nombre de pages : 106
Date de parution : 1976
Ma note :   ❤❤❤❤❤


Le résumé :

Un amour total, passionnel, désintéressé, tapi dans l’ombre, n’attendant rien en retour que de pouvoir le confesser. Une blessure vive, la perte d’un enfant, symbole de cet amour que le temps n’a su effacer ni entamer. L’être aimé objet d’une admiration infinie mais lucide. Une déclaration fanatique, fiévreuse, pleine de tendresse et de folie. La voix d’une femme qui se meurt doucement, sans s’apitoyer sur elle-même, tout entière tournée vers celui qu’elle admire plus que tout. La voix d’une femme qui s’est donnée tout entière à un homme, qui jamais ne l’a reconnue. 

Mon avis :

 C'est une nouvelle étonnante ! Troublante même. Mais incroyablement puissante. L'une des plus belles déclarations d'amour que j'ai lu. Les 106 pages s'engloutissent d'un seul coup, nous vivons au fil des lignes, notre cœur palpite avec chaque mot. L'écriture est forte et en même temps d'une grande simplicité. L'idée de cette nouvelle est vraiment bonne je trouve. Et je ne cesse de me poser une question : comment aurai-je réagi à la place de l'homme qui reçoit cette lettre ? Cela doit être terriblement perturbant... Lettre d'une inconnue est une lecture que je conseille à tout le monde, elle est rapide et relate un amour rare et malheureusement pas réciproque qui nous trifouille la tête.