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vendredi 21 février 2014

La jouissance de Florian Zeller


La jouissance, de Florian Keller, est un court roman très bien écrit qui parle de la vie de couple, de l'amour et du sexe. Le rythme est dynamique, les chapitres sont courts, la lecture est rapide, la prose en ressort très efficace. Le narrateur, personnage omniscient mystérieux qui parle à la première personne, nous relate la vie de Nicolas et Pauline, trentenaires. Ils sont amoureux, heureux, mais voilà, le doute de la fidélité plane de temps à autre. Les sentiments sont mis à rudes épreuves. Faire confiance ? Pardonner ? Ne rien demander ? Comment réagir, comment vivre.

Peut-on réellement vivre toute sa vie avec une seule femme ? Avec un seul homme ? Sexuellement ?

Le narrateur s'amuse à nous donner toutes sortes de citations littéraires et historiques, des anecdotes très intéressantes piquées à la vie de Bethoven, de Sartre, par exemple. Cela donne une certaine profondeur au discours global. Nous avons à faire à des pensées très philosophiques mais très accessibles. C'est très intéressant. Je pense que chacun prendra ce livre à sa manière. Le comprendre, le cautionner ou le dénigrer. Il y en aura pour tous.

Cela nous pousse à nous poser beaucoup de questions sur la vie à deux, sur les hommes en général. Il fait réfléchir, il fait sourire, mais peut nous rendre triste aussi selon les expériences vécues personnellement. Les situations décrites sous nos yeux ont bien un petit goût de déjà vécu. C'est d'une telle banalité, véracité, intensité.

En le fermant, il donne envie de faire des efforts, d'accepter les choses, d'accepter la vie, de comprendre le fait que le sexe, c'est compliqué pour tout le monde !

mercredi 4 septembre 2013

Le divan de Staline, de Jean-Daniel Baltassat


Le divan de Staline : résumé alléchant pas tellement à la hauteur de son contenu. Dès les premières pages, on est marqué par la longueur et la lourdeur des phrases. On s’y perd vraiment. D’autant plus que le vocabulaire est assez complexe. Les termes artistiques sont pointus et récurrents. Pas très engageant pour un lecteur lambda.
Cette lourdeur est compensée par la brièveté des chapitres.

On est plongé dans le monde russe, perdus dans les noms à rallonge, imprononçables. Surtout que chaque personnage à plusieurs noms différents. Staline ou Iossif Vissarionovitch ; Danilov ou Valery Yakovlevitch ; Lidia Semionova ou la Vodieva… Bref. Il faut s’accrocher, il faut en vouloir.
On sent l’atmosphère pesante. On ne sait pas vraiment comment cerner les personnages, et en ce sens, l’auteur est assez doué. La lecture est bien plus agréable lorsqu’il y a un dialogue clair, lorsque c’est concret. Les descriptions sont trop surchargées. Lorsque le dialogue est intégré à la description sans ponctuation, c’est assez confus. D’autant plus que Staline est parfois personnage extérieur, parfois narrateur avec le « on ». Le point de vue narratif n’est pas toujours clair. Mais là aussi, c’est sûrement un choix.

J’ai par contre apprécié les nombreuses références littéraires tout au long du livre. Les personnages principaux, cultivés, nous font part de leurs richesses intellectuelles.

Ma déception porte sur la terrible attente de la rencontre entre Staline et le peintre, sensé réalisé  un monument éternel pour la gloire de Staline. Malheureusement, elle n’intervient qu’à la 222ème page, sur 306. Cela fait un peu long. Je n’ai pas réellement trouvé d’intérêt à ce livre, personnellement. Les passages sur les interprétations des rêves de Staline ne me semblent pas assez poussés, on reste sur notre faim.

Je n’ai pas compris le but de l’histoire, ni su apprécier sa tournure et le talent de l’auteur.
www.seuil.com


samedi 25 février 2012

L'Ombre du vent


Titre L'Ombre du vent
Auteur : Carlos Ruiz Zafon
Editions : Grasset
Parution : 2001



Ma note : ❤❤❤❤




Je vais être rapide sur ce livre, parce qu'il est tellement... tellement !!! C'est un gros coup de coeur. Durant toute ma lecture, j'étais plongée dans une autre vie, celle de Daniel. Ce roman est vraiment très complet, il touche à tous les registres et nous fait passer par tous les sentiments. J'ai beaucoup ris avec les répliques et le caractère de Fermin ; j'ai frissonné et angoissé avec le mystérieux Lain Coubert ; je me suis terriblement attaché aux personnages de Daniel et de Fermin ; j'ai détesté à un point fou l'inspecteur Fumero ; j'ai craqué devant certaines scènes d'amour et de sentiments... Bref ! Un roman comme j'en ai rarement lu.
Roman d'aventures ? Polar ? Thriller ? Roman d'Amour ? Je ne saurais pas le définir, mais il nous prend aux tripes et nous ne pouvons le lâcher avant d'en savoir la fin !! Intrigue terriblement prenante. 


Je dis Merci !! J'en redemande.
Les 637 pages se dévorent à une vitesse folle. Dommage que cela se finisse si vite !

vendredi 27 janvier 2012

La délicatesse





Titre La délicatesse
Auteur : David Foenkinos
Editions : Gallimard
Parution : 2011



Ma note : ❤❤❤❤






La délicatesse est une petite bouffée d'air frais. L'intrigue nous amène a revivre une vie qui n'est pas facile tous les jours, mais la justesse et la beauté des mots utilisés nous transporte. Malgré une certaine légèreté dans les relations humaines, intimes ou professionnelles, les conditions de travail, et tous ces petits détails qui font que la ressemblance avec la réalité fait un peu défaut, nous passons un très très bon moment. Ce n'est pas l'histoire la plus intéressante mais la manière avec laquelle elle est racontée. Pour moi, c'est un des exemples parfaits de livres qu'on commence et qu'on ne peut arrêter.

Grande originalité du texte : tous les deux chapitres à peu près, il y a un chapitre anecdotique, très court, qui reprend par exemple la définition du mot "délicatesse", les trois livres préférés du personnage principal, les prochaines destinations de vacances du couple, ou encore des dialogues de films... Toujours en rapport bien sûr avec la narration qu'il y a autour. Cela aère le texte, l'histoire, et du coup, le livre se lit tout seul, presque d'une seule traite. 

En plus de trouver les descriptions magnifiques, j'ai beaucoup apprécié les dialogues (élément pas si facile que çà à mettre en place), qui coulent naturellement et qui nous font très souvent sourire (voire rire, seule, dans son lit). Ah ce Markus ! Un petit rigolo !
Les personnages sont attachants, nous aimerions controler leurs réactions, les pousser quand ils reculent, mais, comme ce n'est pas possible, nous subissons la situation et nous tournons les pages jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. 

Un très bon moment. Cela donne envie de se plonger dans les autres oeuvres de l'auteur qui semble doué pour nous raconter les choses.

vendredi 11 novembre 2011

En passant par Israël



Titre : En passant par Israël
Auteur : Mireille Pierson
Editions : Chloé des Lys
Parution : 2010



Ma note : ❤❤❤❤❤


Tout d'abord, un grand merci au forum et aux éditions Chloé des Lys qui ont accepté de jouer le jeu et qui, j'espère, continueront sur cette lancée. C'est toujours un réel plaisir de lire un livre pour en sortir quelque chose qui sera lu et pris au sérieux.

Dans En Passant par Israël, nous suivons la vie d'une jeune fille à partir de sa naissance en Suisse. Troisième enfant d'une famille qui n'en a pas forcément les moyens, elle se sent, dès le départ, repoussée par son père. Un père peu présent dans leur vie, qui a des problèmes avec l'alcool, les jeux d'argent et les femmes et qui, malgré ses tentatives de rétablissement, se donnera la mort un jour de Noël. Cet homme a profondément marqué Laura, notre personnage principal. Frustrée de ne pas avoir eu le temps de lui dire tout ce qu'elle avait à dire, et d'apprendre à mieux le connaitre, Laura renferme un mal au fond d'elle qui la rattrapera tout au long de sa vie, ou presque. Elle est mal dans sa peau et cherche inlassablement l'accès au bonheur. Elle tombe amoureuse de garçons qui ne prennent pas soin d'elle, qui la blessent terriblement et la manipulent. La seule solution qu'elle trouve à ses problèmes est la fuite : elle voyage beaucoup et son premier voyage est pour Israël. Mais c'est loin d'être le seul et le plus important du livre, et en ce sens, je ne comprends pas forcément pourquoi ce titre a été choisi.

J'ai trouvé le thème intéressant, l'histoire touchante mais quelque chose n'allait pas. L'écriture manque de pep's. Elle n'est pas assez naturelle. Les dialogues sont figés, irréalistes, lourds et ceci gène beaucoup la lecture de l'ouvrage. A part Laura, nous n'avons pas le temps de nous attacher aux autres personnages. Leurs réactions sont trop artificielles. Il y a malgré tout quelques points forts dans ce roman. Le premier est le voyage. Nous découvrons avec plaisir les richesses de divers pays tels qu'Israël, la côte Ouest des Etats Unis, Mexico, nous nous rendons également à Paris, tout est décrit avec un oeil touristique. C'est agréable. Le second point positif est la touche de psychologie, de philosophie sur la vie et la recherche de soi et du bonheur. Elle est amenée par différents moyens : psychologue, amies, famille. Tous sont la pour faire comprendre à Laura qu'il faut qu'elle commence par apprendre à se connaitre elle-même, à pardonner son père pour redémarrer sur de nouvelles bases, de nouveaux projets qu'elle désire réellement. Le bonheur n'a pas de prix, il est simplement question de volonté. "Soyons toujours sourd quand quelqu'un nous dit que l'on ne peut pas réaliser notre rêve".

Ce roman m'a fait penser évidemment à celui de Diane Peylin, A l'endroit où elles naissent, dans le sens où les thèmes se touchent : quête du bonheur et voyage pour se trouver soi-même. Mais rien à voir par rapport aux rapports entre les personnages, aux émotions et la description des diverses cultures. Diane Peylin a créé un univers réaliste et humain, alors que celui de Mireille Pierson est plus philosophique, éducatif.

Dernière remarque capricieuse : je n'ai pas du tout accrochée avec la première de couverture. Mais ce détail ne m'a pas arrêté pour autant dans ma demande de participation à la tournée du livre.

En bref, thèmes fascinants, voire perturbants mais incroyablement intéressants à découvrir. Une histoire relativement bien tournée mais une écriture peut être pas encore assez travaillée pour se faire oublier, pour atteindre la fluidité qui permet de plonger au coeur de l'aventure et d'oublier que nous sommes en train de lire quelque chose de travaillé. Mais nouvelle auteur à suivre, bien évidemment !
Merci.

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

dimanche 6 novembre 2011

Apocalipstick


Titre Apocalipstick
Auteur : Charlotte Marin
Editions : XO
Parution : 2010
Ma note : ❤❤❤❤❤


Quatrième de couverture :
Qui est cette blonde entortillée dans un drap qui s’apprête à s’enfuir par la fenêtre ?


Nom : Charlotte Malère.
Âge : Trente ans, tendance trentenaire à vif.
Profession : Critique de cinéma.
Signe particulier : Lui arrive toujours l’impensable.


Charlotte se réveille seule et menottée au lit de son amant, le célèbre réalisateur Richard Bouvier. Pour éviter de prendre le petit déjeuner avec l’épouse en titre, elle se détache, saute dans la rue et s’engouffre nue dans la voiture d’un inconnu. Elle lui pique sa veste et détale… sans se douter que, cinq heures plus tard, ils se retrouveront face à face, à chanter en chœur dans une kermesse d’école. Les premières notes d’une nouvelle histoire d’amour ?


Ce n'est pas souvent que je lis ce genre de livre mais qu'est ce que ça fait du bien !! C'est la lecture idéale pour un dimanche déprimant. Vous le prenez en main, même sans aucune motivation, enfoui dans votre lit alors qu'il pleut averse dehors, vous le commencez et vous ne l'arrêtez plus tellement il est léger mais incroyablement transportant. Un humour terrible ! Il ne vous procure peut être pas des fous rires, mais bien plus que de simples sourires en tout cas. Vous vous sentez bien, vous vous sentez mieux ! C'est comme si vous regardiez un bon film de comédie, le remède idéal quoi.

Nous embarquons aux côtés de la vie rocambolesque de Charlotte et nous suivons ses joies, tracas, et situations comiques à souhait. On s'identifie à elle et elle arrive à nous toucher profondément. Amitié, amour, trahison, pardon, regrets... tout y est.

Une très bonne partie de plaisir.
Coup de coeur particulier, pas forcément pour le contenu mais pour les émotions apportées.





mercredi 26 octobre 2011

Le premier été, Anne Percin






                       Titre : Le premier été
Auteur : Anne Percin
Editions : Le Rouergue
Parution : Août 2011



Ma note : ❤❤❤❤





C'est l'histoire de deux soeurs, âgées de la trentaine, qui reviennent dans la maison de leurs grands parents décédés pour la vider. Mais cette maison n'est pas rien pour elles. C'est là qu'elles y ont passé toutes leurs vacances d'été lorsqu'elles étaient plus jeunes.
Cela faisait longtemps que Catherine, la plus jeune des deux, n'était pas revenu dans ce village. Un lourd secret la tenait loin de cet endroit depuis quinze ans. Quinze ans qu'elle ressassait ses souvenirs, quinze ans qu'elle se sentait coupable de quelque chose d'horrible. C'est donc le moment idéal pour se confier à sa soeur aînée.

Le résumé est terriblement intriguant et la plume d'Anne Percin est si légère qu'on rentre dans l'histoire en un clin d'oeil. Avant même de commencer la lecture du livre, on s'attache au personnage de Catherine puisqu'on désire partager son secret, on veut savoir de quoi elle a été capable/coupable dans ce village.
L'écriture est à la première personne. La narratrice s'adresse à quelqu'un, elle utilise sans cesse le "tu". Nous découvrons rapidement qu'il s'agit de sa soeur, avec qui elle est. Les premiers chapitres sont remplis de souvenirs, beaucoup de souvenirs. Les descriptions sont douces, presque poétiques, remplies de mélancolie et de souffrance. Elle nous tient en haleine dès le début. L'écriture elle-même est mystérieuse.
Les deux soeurs sont complètement différentes, et elles se retrouvent seules dans la maison de leur enfance. 
On ne se lasse pas de la description de la vie de Catherine. On apprécie les détails, on repart en arrière, dans sa jeunesse, dans ses sorties à la campagne, dans les soirées et booms du village. On se retrouve, on s'identifie à cette jeune fille qui a peur, peur de perdre sa soeur qui tombe amoureuse, qui devient adolescente avant elle, peur du regard des autres. On arrive à éprouver chacun de ses sentiments car les mots qu'elle emploie sont simples, les phrases sont courtes. Elle va à l'essentiel sans rien oublier.

Je ne peux rien dévoiler de la teneur de son secret, ce qui gâcherait le but de la lecture. Tout ce que je peux en dire c'est qu'après avoir refermé le livre j'ai eu une impression étrange. L'impression d'avoir vécu la vie de la narratrice et d'être rentré dans son intimité. 
Ce roman est puissant, émouvant, difficle.
La légèreté des mots cachent parfaitement la complexité du contenu.

A lire !



dimanche 3 juillet 2011

A l'endroit où elles naissent

Ma note :   


A l’endroit où elles naissent.

Je suis heureuse de ne pas être passée à côté de ce chef d’œuvre !

Nous suivons l’histoire, la vie de deux petites filles, de leur naissance à leur trentaine d’année environ. Beaucoup de choses les différencient, la principale est que l’une, Miangaly, est née à Madagascar alors que l’autre, Eva, est née en France. Conséquence : Miangaly, même si elle ne connait aucune richesse, est parfaitement aimée, malheureusement, Eva, elle, ne parvient pas à trouver le bonheur parmi les siens.

La première chose qui m’a stupéfaite, c’est ce style, cette écriture hors du commun. Elle est fantastique ! On voit, et on sent qu’elle est extrêmement travaillée, recherchée. Elle est incroyablement poétique, les rimes sont nombreuses, superbement trouvées et tournées. Il n’y a aucune lourdeur, la fluidité des phrases est presque magique. Diane Peylin a un talent qui nous saute aux yeux et nous gonfle le cœur. Elle capte toute notre attention. Les idées sont simples, mais la forme qu’elles prennent est fabuleuse. En bref, beaucoup d’originalité, très fine.

J’ai beaucoup apprécié la construction du roman : il y a un parallélisme avec les chapitres entre les deux petites filles que l’on suit. Cette forme est parfaite. Elle crée un équilibre juste entre les deux personnages. Je n’ai pas réussi à éprouvé une préférence pour l’une ou l’autre. Les deux sont attachantes au plus haut point, elles ont chacune leurs traits de caractère et on les découvre au fil des pages. Il y a beaucoup de cohérence.

Les thèmes sont accrocheurs, touchants. La beauté des mots choisis décrit les sentiments avec justesse et naturel. On éprouve de la douleur lorsque l’on lit ce qui touche à la mortalité infantile, la famine, les tempêtes face aux petites cabanes de Madagascar… La douleur lorsque des personnages secondaires disparaissent. Et l’incompréhension face à la mère d’Eva qui est « glacée » et hermétique avec ses filles. Mais quand même beaucoup de joie à travers les chants de Miangaly qu’on entend presque si on tend bien l’oreille, à travers les odeurs qui nous transportent, et la cuisine d’Olenka, qui nous fait rêver dès qu’Eva passe sa porte. Et du plaisir en les imaginant déguster leur mince carré de chocolat avec délectation. La scène d’amour entre Miangaly et son « copain » est par ailleurs extraordinairement réussie. Irrésistible, sensuelle, belle !

J’ai calculé que nous suivions à peu près 30 ans de leur vie, de 1986 à 2008 et quelque, tout en revivant les moments forts de notre Histoire : Tchernobyl, le 11 septembre 2001, un ouragan à Madagascar, … Le roman est ancré sur la réalité et cela renforce son intensité.

Depuis le début de cette critique, je cherche à caractériser ce roman avec un seul mot. Beaucoup me viennent à l’esprit tels que poignant, envoutant, puissant, émouvant… mais je pense que celui qui y correspondrait le mieux est Unique.

Ce livre est un gros coup de cœur, mais je pense qu’il rentre également dans mes livres préférés tant il m’a happée dès la première ligne, et ce jusqu’à la dernière. Aucune déception, un plaisir constant, voire crescendo. Des centaines d’images, d’odeurs et de sons qui nous traversent. Œuvre poétique, musicale et tellement… réelle. Elle nous touche profondément, et même quelques jours après l’avoir englouti, je me dis encore « J’étais si bien dans cette histoire ». Merci infiniment à la maison d’édition et surtout à Diane Peylin pour ce moment éblouissant en tout point. Emotions fortes garanties. Merci au forum pour cette découverte.

A lire et, sans doute à relire !
Lu dans le cadre d'un partenariat A&M.

dimanche 19 juin 2011

La Ballade de Lila K

Titre : La Ballade de Lila K
Auteur : Blandine Le Callet
Nombre de pages : 394
Parution : 2010
Ma note :   

Le résumé :

Depuis le jour où des hommes en noir l'ont brutalement arrachée à sa mère et conduite dans un mystérieux Centre, mi-pensionnat mi-prison, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. La jeune femme, à la fois sensible, surdouée et asociale, n'a alors qu'une obsession : retrouver sa mère et sa mémoire perdue.

Dans une société sécuritaire en total décalage, où les livres n'ont plus droit de cité, Lila commence son enquête et parallèlement, son chaotique apprentissage.
Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué ou encore un chat multicolore...

Mon avis :

En un mot : Absorbant. Ce livre, tu l'ouvres et tu aimerais le finir d'un seul coup. On rentre dans le vif du sujet dès la première page, si ce n'est dès la première ligne. La narratrice est d'emblée attachante à souhait, on souffre avec elle, elle nous prend par les sentiments. On va vite se rendre compte que c'est une jeune fille dotée d'une très grande intelligence, elle comprend comment utiliser les gens en les faisant culpabiliser. Elle ne cesse de faire semblant. La narration à la première personne nous mène au cœur de ses pensées. Elle semble nous écrire, elle nous pend souvent à partie. Le style est extrêmement limpide, naturel, parfait ! Les phrases sont courtes, elles nous transportent, nous émeuvent, nous font rire souvent. Lila est incroyable. 

Ce qu'elle désire le plus, c'est retrouver sa mère, sa mère dont elle essait de se souvenir, mais peu à peu elle oublie son visage. C'est atroce de vivre cela à ses côtés. Elle est seule, elle ne peut rien faire, elle attend de sortir de son Centre. Mais elle vit dans un avenir/futur étrange dans lequel les caméras de surveillance sont reines, même dehors. Le suspense est intense. L'intrigue de toute sa vie nous prend aux tripes. Qui était cette femme, cette mère, qui semblait aimer sa petite fille mais qui l'a enfermé dans un placard pendant des années...Comment en est-elle arrivé là ? Et où est-t-elle à présent ?

Les personnages qui viendront en aide à la petite sont nombreux et très attachants également, en comparaison à tous les autres "méchants" de l'histoire. Son tout premier tuteur, Monsieur Kauffmann est l'homme que tout le monde aimerait rencontrer dans la réalité. "Pour mes 10 ans, Monsieur Kauffmann m'a offert une boussole, un modèle très ancien et très beau ayant appartenu à son arrière grand père. Pour t'aider à trouver ton chemin dans la vie, a-t-il déclaré en me la déposant dans le creux de la main". Il y a aussi Fernand et Lucienne qui l'aideront beaucoup, puis Lucinien, et enfin Monsieur Templeton. A découvrir !!

Vraiment une lecture merveilleuse, pleine de sensations, d'émotions.

lundi 13 juin 2011

Pas de pitié pour les neveux, Jeeves

Titre : Pas de pitié pour les neveux, Jeeves
Auteur : P.G. Wodehouse
Nombre de pages : 250
Parution : 1987
Ma note :   ❤❤❤❤


Le résumé :

Sur ordre du médecin, Bertram Wooster est parti se mettre au vert dans la délicieuse campagne anglaise. Mais c'était compter sans le petit monde qui gravite autour de lui : Vanessa Cook, une ex-fiancée pour le moins entreprenante, tante Dahlia, qui s'est mise en tête de truquer le Derby à l'aide d'un vulgaire matou ; le père de Vanessa, qui ne sort jamais sans le majordome Plank, lequel a perdu tout sens commun depuis ses séjours en Afrique
équatoriale... Des vacances comme on n'en souhaite pas à son pire ennemi ! 

Mon avis :

Cette lecture a été quelque peu... déroutante. J'ai du mal à trouver un intérêt à lire ce genre de livre. Bien sûr, on sourit de temps en temps, mais le tout laisse une impression d'inutilité. C'est une dame, à la médiathèque qui m'a conseillé cet auteur. Je me suis éxécutée, pour ne pas mourir inculte, mais bon.
Bertram Wooster est un personnage peu commun, on le suit avec la première personne et donc le style est un peu décousu. Ses pensées sont multiples et se perdent dans des détails inutiles, mais amusants. La relation qu'il a avec son valet, Jeeves, est au cœur du roman et elle est spéciale. Bertram souhaiterait être le gentilhomme parfait, mais c'est très souvent qu'il cherche du vocabulaire pour s'exprimer, c'est là que l'intelligence de Jeeves intervient et comble tous ses trous. C'est également lui qui le sort du pétrin à plusieurs reprises car il est incroyablement rusé.
Wooster a donc décidé de partir à la campagne, mais loin d'y trouver le calme, il se plonge dans des situations toutes plus grotesques les unes que les autres. Rebondissements, quiproquos... L'humour est en filigrane, tout naturel. L'exagération atteint son paroxysme. "Ainsi, par exemple, sa menace de vous arracher la tête pour vous la faire avaler ensuite".
Ce livre se lit tout seul, certes, mais il manque quelque chose pour y accrocher vraiment. Je me suis dis plus d'une fois que je pourrais lire quelque chose de bien plus palpitant. Il fallait que je découvre l'humour anglais un jour ou l'autre. C'est fait.

mardi 24 mai 2011

L'Appel de l'Ange


Titre : L'appel de l'ange
Auteur : Guillaume Musso
Nombre de pages : 382
Date de parution : 2011
Ma note : ❤❤❤❤



C’est l’histoire de deux personnes, Madeline, fleuriste parisienne et Jonathan, ex-chef de cuisine aux Etats Unis, qui se rentrent dedans à l’aéroport et échangent malencontreusement leur portable (identique) et repartent illico pour leur vol. Ce n’est que dans l’avion qu’ils s’en rendent compte, ils souhaitent se les renvoyer dès leur arrivée, mais la curiosité s’empare de chacun d’eux, et ils vont peu à peu s’infiltrer dans la vie de l’autre.

Ce que j’ai ressenti en lisant L’appel de l’ange c’est une impression de «too much » dans les événements, les paroles rapportées, les sentiments évoqués. Le monde apparait vraiment trop petit pour être vrai. La trame policière qui s’infiltre dans l’histoire de base, bien qu’elle soit essentielle, est un peu grosse. Et paradoxalement, à côté, je trouve un grand manque d’approfondissement, surtout en ce qui concerne les personnages secondaires. Que deviennent la meilleure amie et le fiancé de Madeline durant tout ce temps ? Les choses ne sont pas suffisamment approfondies. On sent un souhait de la part de l’auteur de faire connaître un peu plus le monde de la cuisine avec le personnage de Jonathan, mais là encore de manière trop superficielle. De même pour le monde des fleurs avec Madeline. Le roman aurait facilement pu faire une centaine de pages en plus pour qu’on puisse s’attacher davantage aux personnages et à l’histoire.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire en découvrant des descriptions quelque peu « gnangnan », des paroles rapportées peu naturelles avec entre autre l’utilisation d’insultes invraisemblables. Plus j’avançais dans ma lecture et mieux ca allait, les phrases coulaient plus facilement sous mes yeux, mais les scènes d’intimités gardent un côté ridicule car beaucoup trop fleur bleue. « Elle avait une odeur fraîche et vibrante d’agrumes, de menthe et de lavande» « Leurs corps se mélangèrent pour former une sculpture en mouvement, tout en courbes et en creux, qui ondoyait dans le clair-obscur de la lune ». Etc. Disons que cela fait sourire.

La conséquence directe de ce manque d’approfondissement est une absence (quasi-)totale de suspens. La fin est terriblement attendue depuis le début. Le déroulement de l’enquête « policière » est elle aussi sans grande surprise finalement. C’est un peu dommage car je trouve l’idée de départ vraiment génial. Le résumé était vraiment très attirant et je ne m’attendais pas du tout à ce genre.
Par contre, c'est un livre que j'ai lu en deux coups car, malgré les points négatifs que je viens de relever, l'intrigue est prenante et donne envie d'aller jusqu'au bout.

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

lundi 18 avril 2011

Le Chant du Cygne

Titre : Le Chant du Cygne
Auteur : Cyril Carau
Editions : La Frémillerie

Ma note : ❤❤❤❤


Le Chant du Cygne est le premier roman de Cyril Carau que je lis. C’est un roman graphique mais je n’ai pas du tout accroché avec les illustrations. Elles sont très belles, superbement réalisées, mais c’est juste que je préfère me faire une idée moi-même des personnages. Ce qui m’a le plus gêné c’est le réel décalage entre mon imagination à partir des descriptions de l’auteur et les illustrations. A part cela, leur nombre est bien réparti dans l’ensemble du roman, ni trop, ni pas assez. Et je dois avouer que l’illustration finale est sublime.
Venons en maintenant au roman en lui-même. Univers très particulier, celui des mafieux  et donc des meurtres en série. Presque tous les chapitres sont associés à une date et un horaire précis, j’ai trouvé cela bien, surtout au début lors d’un retour chronologique. Bref. Dans l’ensemble, j’ai été véritablement bluffée ! Pourtant j’ai eu du mal à accrocher avec le début du roman car j’ai trouvé les descriptions peu naturelles, avec l’utilisation d’un vocabulaire trop recherché, trop complexe. Beaucoup trop de mots inconnus qui m’ont empêché de plonger au cœur de l’histoire. Mon premier sentiment a donc été de la réticence. Mais finalement, les descriptions faites de chacun des personnages m’a fait oublié le reste. Elles sont fabuleuses, le vocabulaire est incroyablement bien mis en valeur, les personnages vivent sous nos yeux grâce à ces mots. Le style de Cyril Carau est très poétique, et je suis tombée sous le charme de plusieurs de ses formules : « …quand la nuit gagnera sur le jour », « Elle toucha l’eau de la main, dans une sotte tentative d’attraper les étoiles, mais ne parvint qu’à rendre flou leur reflet. », ou encore « On dit que la beauté est l’intelligence du corps, à cette heure trouble, chez Valéria, il était question de génie. ». Une beauté de l’écriture comme j’ai eu rarement l’occasion d’en lire.

Malheureusement, je n’ai pas été aussi transportée par l’intrigue que par l’écriture. Nous suivons un homme, Rielo, italien marqué par la guerre qu’il a vécu auparavant. Inconsciemment, depuis le début, il compte prendre sa revanche et se laisse enrôler dans des affaires mafieuses de New York. S’en suivent des histoires de gangs quelque peu compliquées, tachées de sang et d’argent. Mais Rielo se métamorphose peu à peu, on le voit se dégrader, ses yeux changent de couleur, son regard prend une nouvelle intensité, une soif anime tout son corps et rien ne peut l’assouvir, pas même la chaleur du corps de sa maitresse. Les scènes d’amour sont particulièrement prenantes dans ce roman. Elles sont très érotiques et, là encore, la justesse des mots et du style nous transportent.

Ce qui se fait ressentir à la lecture du livre, c’est une gênante impression d’incompréhension. Il est quasi-impossible de comprendre ce qu’il se passe dans la tête du personnage principal. Pourquoi agit-il comme çà ? Est-ce réellement possible, tout ce qu’il accomplit à la fin ? Un être humain est-il capable de faire çà ? Ca m’a un peu fait penser à la fusillade du lycée Columbine aux Etats Unis, mais en pire. Donc c’est un entremêlement de sang, de sentiments inhumains, d’irréel qui plane à la fin, mais les dernières lignes viennent clore magnifiquement ce carnage. 

Lu dans le cadre d'un partenariat sur A&M

vendredi 25 février 2011

Dos à Dos, S. Bassignac

Titre : Dos à dos
Auteur : Sophie Bassignac
Edition : JC Lattès

Ma note : ❤❤❤❤❤


Cette collection offre un format et une qualité de livre vraiment super agréable au toucher. C’est un plaisir de tourner les pages, de caresser la couverture. Pour Dos à Dos, de Sophie Bassignac, c’est 233 pages d’une écriture extrêmement douce. Je ne sais pas si c’est vraiment le mot adéquat, mais c’est ce que j’ai ressenti. J’ai eu beaucoup de coup de cœur pour certaines phrases comme celle-ci par exemple : « Fumiko lui avait appris que rien ne couvrait mieux le silence de l’un que le silence de l’autre, dans une histoire au jour le jour où chaque matin on se souriait aussi timidement que des amants de la veille. »  Je viens de le terminer et la lecture en a été très rapide. La longueur de chaque chapitre est parfaite, ni trop longue, ni trop courte, juste ce qu’il faut pour ne pas se lasser et continuer à chaque fois encore un peu plus loin. Dos à dos, ca parle d’une famille pas tout à fait comme les autres, rongée par une relation compliquée entre le fils, Arnaud, et ses parents Gabriel et Ester qui eux même ne vivent pas l’amour fou. Arnaud débarque un jour chez ses parents sans prévenir et repars quelques jours plus tard d’une manière tout aussi imprévue. Entre temps, son père a eu le temps de découvrir que son fils est un cambrioleur poursuivi par la police. Gabriel est un écrivain qui a décidé d’arrêter d’écrire mais qui regarde toujours le monde et ses multiples facettes à travers ses yeux d’auteur. S’en suit des histoires de filatures, d’adultère, de vie d’artistes tels qu’écrivain et photographe, tout cela enfoui dans un quotidien naturel et réaliste. Les descriptions sont simples et envoutantes. Ce qui m’a beaucoup marqué dès les premiers paragraphes c’est l’utilisation de métaphores et de comparaisons si justes, si douces… qui se lisent toutes seules et nous transportent. Le récit porte de la première à la dernière page un léger mystère continu qui nous tient en haleine. Les personnages sont tous dotés de caractéristiques bien personnelles et on s’amuse à les cerner un par un. On est emporté dans leurs troubles, leurs problèmes, leur incroyable mélancolie. J’aime beaucoup ce côté narrateur omniscient qui sait et dit ce que les uns ignorent sur les autres. Le réalisme des dialogues est un pur bonheur et il nous rapproche encore davantage des personnages. C'est vraiment ce point de vue tourné vers les personnages qui est fascinant, on les suit dans leurs réflexions, on réfléchit avec eux, on pense avec eux, et on essaye d'imaginer ces vies dans le monde réel. L’ensemble du roman glisse tout seul pour arriver jusqu’au dernier chapitre que j’ai trouvé réellement poignant ! J’en ai eu les larmes aux yeux jusqu’au dernier mot. C’est le personnage de Gabriel qu’on voit le plus évoluer, qu’on suit le plus profondément et dans ce dernier chapitre, il nous titille le cœur. On ressort de ce roman avec un sentiment étrange, difficile à identifier. Peut être une impression que ce livre a servi à quelque chose tout simplement.


Lecture dans le cadre d'un partenariat sur A&M